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 1959

L’année du doute

Après les journées euphoriques de mai 1958, 1959 fut l’année du doute quant à la politique menée par de Gaulle à propos des départements algériens. En fait le discours du 16 septembre marqua le véritablement tournant. Jusqu’à ce jour, même si certains responsables politiques étaient pour la négociation avec le FLN, aucun ne remettait véritablement en cause le statut de l’Algérie. Le discours du 16 septembre déplaça l’épicentre du conflit. Les engagements militaires devinrent secondaires et le GPRA reprit la main qui lui avait échappé depuis le 13 mai. Les bilans communiqués par les autorités militaires étaient toujours aussi éloquents mais, à contrario des campagnes, la situation se dégradait dans les villes et notamment à Alger. Les autorités militaires ne semblaient pas conscientes de ce fait, ou bien l’ont-ils sous-estimé ? Dans le dernier trimestre de l’année on assista à une recrudescence du terrorisme urbain. Certes rien à voir avec 1957 au moment de la « bataille d’Alger » mais tout de même. Durant le mois de décembre Alger fut endeuillé par deux attentats meurtriers. Le premier lors de la célébration du cinquantenaire de l’Université d’Alger (1 mort et 8 blessés), le second à la veille de Noël dans la rue d’Isly (2 morts et près de 40 blessés). Autre facteur d’inquiétude les écoles de la rue Darwin et Van-Vollenhoven ne durent leur salut qu’à la promptitude des artificiers qui désamorcèrent les deux obus piégés qui leur étaient destinées. Tous ces attentats étaient accompagnés d’enlèvements de petits fermiers et de leur famille, avec tortures et exécutions, dans la plaine de la Mitidja, aux portes de la ville. Cette inquiétude, doublée par l’éloignement systématique de tous les officiers qui « avaient fait le 13 mai », rendait l’atmosphère d’Alger de plus en plus lourde. Les décisions prises depuis l’instauration de la Vème République découlaient finalement de l’idée que se faisait de Gaulle sur les musulmans Prétendre qu’ils sont Français, ou qu’ils veulent l’être, c’est une épouvantable dérision.[1]     

 

 

ANNEXES'-100

 

 



[1] Cité par J.-R. TOURNOUX, Jamais dit,, Plon, Presses Pocket n° 1207, p. 203