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Le mois de février débute avec la fin des
barricades. Il faut bien le dire les partisans de la France ont le moral en
berne. De Gaulle est décidé à frapper vite et fort pour
bénéficier de l'incontestable succès qu'il venait de remporter sur le plan
politique. Même s'il le devait principalement à Paul Delouvrier et au général
Challe qui avaient agi en contradiction formelle avec ses directives. Dès le
3 février il obtenait de l’Assemblée et du Sénat les
pouvoirs spéciaux qui lui permettaient de prendre par ordonnances, ………. Les
mesures comprises normalement dans le domaine de la loi et nécessaires pour
maintenir le maintien de
l’ordre, la sauvegarde de l’Etat et de la Constitution, la pacification et
l’administration de l’Algérie. Nous pouvons dire, qu’à
partir de cet instant, l’Algérie était, en quelque sorte, de facto, hors de
la République. Déjà chasse gardée, elle devenait ainsi, officiellement, la
chose du Président de la République. Il en profite pour rééquilibrer les
attributions en faveur de l’Administration civile. |
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Sur le
terrain le FLN, par la plume de Ferhat Abbas, se pose des questions sur l’avenir
même de sa « Révolution ». Il n’empêche, sa capacité de nuisance demeure.
Le mois est marqué par de nombreux attentats qui touchent nombre de petits
agriculteurs de la Mitidja, aux portes mêmes d’Alger ce qui contribue à alourdir
l’atmosphère et le sentiment d’insécurité. Au-delà de ce sentiment la preuve
est faite que la conclusion de l’épisode des barricades marque une nouvelle
étape sur le chemin de l’Algérie algérienne. C’est d’ailleurs la conclusion à
laquelle de Gaulle arrive dans ses Mémoires
d’espoir : Dans
cette vaste et pénible opération, [Ma décision d'accorder aux Algériens le
droit d'être maîtres d'eux-mêmes a tracé la route à suivre] ma responsabilité
est par conséquent sans partage ? Soit ! Mais,
faute qu'un courant assez fort porte le pays vers le but et eu égard aux
possibilités encore intactes des résistances, je devrai procéder, non point
par bonds, mais pas à pas, déclenchant moi-même chaque étape et seulement
après l'avoir préparée dans les faits et dans les esprits. Constamment, je
m'appliquerai à rester maître de l'heure, sans que ni les remous de la
politique, ni les aigreurs de la presse, ni les pressions des étrangers, ni
les émotions de l'armée, ni les troubles des populations locales, n'infléchissent
jamais ma route. |
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